1500 - 1800

Quels étaient les grands centres du marché de l’art en Europe au 18e siècle ? Qui en étaient les acteurs ? Dans quels réseaux professionnels et familiaux ces derniers s’inscrivaient-ils ? Où étaient situés les marchands de tableaux à Paris au siècle des Lumières ? A quoi ressemblait l’activité du marchande du Pont Notre Dame et la boutique de son plus célèbre occupant, François-Edmé Gersaint ?

La base de données et les applications de visualisation proposées ici visent à restituer sous une forme inédite les résultats d’une équipe de chercheurs qui se sont penchés – entre autres – sur ces questions, dans le cadre du projet Art Markets in Europe. Emergence, Development, Networks, 1500-1800, soutenu par l’ANR.

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335 000 tableaux passés en ventes publiques en Europe au 18e siècle

À partir de plus de 335 000 lots de peintures répertoriés dans près de 3 200 catalogues de ventes publiques, cette application permet de suivre l’évolution du volume des tableaux passés en ventes publiques dans 64 de villes d’Europe (Allemagne, Belgique, France, Pays-Bas et Scandinavie). L’activation de la timeline permet de comparer l’évolution par villes au fil du siècle, par années, par décennies ou en valeur cumulée.

Trois villes se détachent nettement de l’ensemble – Amsterdam, Londres et Paris – qui à elle seules totalisent 75 % des ventes et 66 % du volume des tableaux échangés en Europe du Nord.

Il apparaît nettement que jusqu’à la fin des années 1750, Amsterdam a dominé pendant plus d’un demi siècle le secteur des ventes publiques de tableaux en Europe, tandis que Londres, occupait la seconde place avec un nombre inférieur de moitié à celui d’Amsterdam, suivie de loin par Paris, très en retrait à l’échelon européen.

À partir des années 1760, la fréquence des ventes publiques augmente très sensiblement dans toutes les villes d’Europe et la tendance s’inverse brutalement : Londres s’impose définitivement comme le premier centre européen des ventes d’art, tandis qu’Amsterdam recule à la troisième place. Quant à Paris, elle verra son rôle s’amplifier pour occuper le second rang après Londres.

La visualisation fait également apparaître le rôle non négligeable que jouent les villes allemandes de Hambourg et de Francfort à partir des années 1780. Elle permet de ne pas perdre de vue la concentration des ventes sur le territoire hollandais où dans un périmètre géographique réduit les villes de La Haye, Middelbourg, Leyde, Rotterdam ont contribué sensiblement – sans atteindre le niveau d’Amsterdam – à l’activité soutenue du marché dans la République hollandaise.